Les risques du télétravail

Le télétravail s’est largement démocratisé en 2020 durant la crise sanitaire. S’il comporte un certain nombre d’avantages, il expose également les salariés à des risques psychosociaux. Tour d’horizon des risques du télétravail.

L’isolement social

L’isolement social est le premier facteur de risque chez les télétravailleurs. L’absence de relations directes avec les collègues peut affecter leur santé mentale et physique et favoriser des conduites addictives. Une étude menée par deux universitaires* révèle en effet qu’une stimulation sociale insuffisante peut notamment affecter :

– le raisonnement et les performances de la mémoire

– le fonctionnement du système nerveux parasympathique (ce qui favorise les risques cardiaques)

– le système immunitaire et la résistance aux maladies et infections

En cas de difficulté ou d’accident, le salarié se retrouve confronté à une absence de soutien social direct. Seuls les outils numériques lui permettent de solliciter de l’aide, ce qui accentue ce sentiment d’isolement. La messagerie instantanée, le téléphone ou le mail ne remplacent pas non plus les échanges directs en matière de mobilisation de l’attention et de compréhension des messages.

L’autonomie et la charge de travail

En télétravail, le salarié définit seul sa façon de s’organiser et gérer les priorités. Cette nouvelle autonomie peut être source de créativité ou au contraire de stress ! À distance, il devient complexe d’évaluer ses résultats et de mesurer le temps de travail effectif. La tentation est grande de rester connecté pour gérer l’imprévu et d’allonger sa journée pour rattraper son retard. Pour peu que les objectifs soient flous, ou les tâches trop nombreuses, c’est une forme de pression qui s’installe. Il devient plus difficile de solliciter son manager pour de l’aide ou des explications complémentaires.

Cette réalité peut aboutir à une surcharge mentale ou au contraire à un ennui lié à des tâches répétitives. S’ajoute à ces problématiques la difficulté de séparer la vie personnelle de la vie professionnelle. En retirant le temps de trajet, en donnant une place au matériel et au temps professionnel dans la maison, on réduit la frontière travail / vie personnelle. Pour toutes ces raisons, le télétravail nécessite de nouvelles formes d’organisation et de communication entre le travailleur et son manager, pour prévenir la souffrance au travail… à la maison.

La détresse psychologique

Toutes ces difficultés peuvent mener le collaborateur tout droit vers des épisodes de stress voire de dépression. En proie à la monotonie ou, à l’inverse, à l’addiction au travail, le télétravailleur se risque à vivre des épisodes de grande inquiétude. En posture d’hypervigilance, il est soumis à des troubles du sommeil, une perte d’appétit, des troubles anxieux, une agitation constante. Ce stress chronique attaque directement le système immunitaire et modifie l’activité endocrinienne du corps. Il peut provoquer hypertension et AVC.

D’après un sondage Opinion way datant de décembre 2020, la moitié des salariés souffrirait de détresse psychologique et 31 % risquent la dépression. Les plus touchés sont les jeunes : 70 % d’entre eux déclarent subir la perte de repères et l’insécurité économique liés au travail à distance. Les femmes sont exposées à la charge mentale et à la culpabilité, de par la responsabilité familiale qui leur incombe aujourd’hui encore. Ces formes de désespoir sont accentuées par une sensibilité aux incertitudes, notamment liées au contexte économique et social.

Quant aux managers, ils sont 56 % à se déclarer en détresse et en mal de formation pour gérer cette nouvelle organisation du travail. Leurs responsabilités grandissantes au sein d’équipes en télétravail relèvent d’une forme de pression. Or, l’état psychologique d’un responsable a forcément un impact sur ses collaborateurs !

Isolement social, charge mentale, stress et dépression… Le télétravail comporte des risques, d’autant plus s’il est subi par les salariés. Pour autant, il reste pour une partie des travailleurs source de satisfaction et de productivité.

*Bzdok, D. et Dunbar. R. I. M. (2020) La neurobiologie de la distance sociale. Tendances en sciences cognitives.La satisfaction des collaborateurs

 

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